Thursday 30th October 2014, an important day for a new Africa

But what kind of Africa are we talking about exactly? An Africa, where elected leaders govern their countries for the duration of their mandate and then retire peacefully at the end of their term. An Africa of good governance, where those elected do not focus their time and energy on maintaining power, but rather on working for the prosperity of their people. The kind of Africa that so many are yearning for today, because the political stability of the continent is an essential condition for its economic development.

The 30th October 2014- an important day

For several weeks now observers and analysts have been discussing upcoming elections, in particular in those countries where the presidents are nearing the end of their final term in office, but where it is becoming clear that they will try to maintain power. These countries are: Burkina Faso (2015), Burundi (2015), Congo (2016), DRC (2016) and Rwanda (2017). Each country has its own unique history and context but it’s clear that they are all watching each other’s situations closely and future developments in one country will inspire and/or influence what happens in the others. It is for this reason that what is currently happening in Burkina Faso is very important for the rest of Africa. Today’s striking images have already been seen all over the continent.

At the moment it is difficult, in fact impossible, to predict what will happen next in Burkina Faso. The President Blaise Compaoré, regarded until yesterday evening as a skilled strategist, has been in power for the last 27 years. Will he now be overthrown or will he remain in office until the end of his term in November 2015? The army, which appears to sympathise with the people, has just announced emergency measures, including the dissolution of parliament and formation of a 12 month transitional government. Will the opposition parties, who have played their role so perfectly in the last few months, insist on the departure of the weakened president during forthcoming negotiations? And what about France, which has just leaked a letter written by President Hollande to his counterpart in Burkina Faso? Will it abandon its old ally? The situation is still very confused.

What is clear though, is that Thursday 30th October is already an important day for Burkina Faso and for the emergence of this aformentioned new Africa. By marching on the parliament and the presidency just hours before the modification of the constitution, the people of Burkina Faso have risen up against an attempt to confiscate power by one man and his group of supporters. They have equally demonstrated their thirst for the creation of strong institutions, their yearning for the upholding of the law and their desire for democracy. It’s a lesson, an example for the other people of the continent. I would also like to take this opportunity to salute the courage of the thousands of Burkinabe who have poured out onto the streets to show their desire for change, but also to pay my respects to those who have lost their lives during this historic day.

The lessons of 30th October 2014

It is much too early to learn any long-term lessons from current events, all the more so since their magnitude has taken almost everyone by surprise. However, we can read and interpret certain messages sent to different groups by the people of Burkina Faso, who it seems were underestimated by some of their leaders.

Firstly to the people of Africa, the Burkinabe have shown that we must not be cowed by any forms of intimidation and, even at the risk of the greatest sacrifice, stand up against all attempts to remove power from the people. Courage is therefore the watchword.

Next, to the African leaders who haven’t yet grasped this concept, the people of Burkina Faso ask that the current constitutions and their laws are respected in order to facilitate political stability. Contrary to what some say, it is not providential “strong men” who prevent serious political crises but the respect of those democratic rules established by consensus.

Finally, to Africa’s partners, the Burkinabe who came out onto the streets today are issuing a demand for coherence. You cannot insist that certain leaders leave at the end of their final term, whilst at the same time accepting that others stay in power. As far as Burkina Faso is concerned, many people will be tempted to use the security considerations of the region to justify these double standards. To those people I would like to ask just one question: Do you think that West Africa will sink because President Blaise Compaoré is no longer in residence at the Kosyam Palace? Let’s replace the “strong men” with strong institutions and mechanisms which will guarantee the stability of the continent.

The three messages that the “men of integrity” are sending to us are therefore, courage, respect and coherence.

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Jeudi 30 Octobre 2014, un grand jour pour une nouvelle Afrique

Mais de quelle Afrique s’agit- il exactement? De cette Afrique où les dirigeants élus gouvernent leurs pays pendant toute la durée de leur mandat et se retirent pacifiquement au terme de celui-ci. De cette Afrique de la bonne gouvernance où les élus consacrent moins de temps et d’énergie à se maintenir au pouvoir qu’à travailler pour la prospérité de leurs peuples. De cette Afrique que beaucoup appellent aujourd’hui de tous leurs vœux car la stabilité politique du continent est la condition sine qua non pour son développement économique.

Le 30 octobre 2014, un grand jour

Depuis plusieurs semaines, beaucoup d’observateurs et analystes dissertent sur les prochaines échéances électorales prévues, en mettant l’accent sur les pays dont les présidents effectuent leurs derniers mandats constitutionnels mais dont la tentation de se maintenir au pouvoir a été affirmée ou se précise. Il s’agit du Burkina Faso (2015), du Burundi (2015), du Congo (2016), de la RDC (2016) et du Rwanda (2017). Chaque pays a son histoire et son contexte mais il est évident que les uns suivent attentivement ce qui se passe chez les autres et que les prochains développements dans un des pays vont inspirer et/ou influencer les autres.  C’est donc pour cette raison que ce qui se passe actuellement au Burkina Faso est très important pour le reste de l’Afrique, car les images de la journée vont tourner en boucle partout sur le continent.

Il est pour le moment difficile, voire impossible, de prévoir la suite des événements au Burkina Faso. Le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans et encore présenté jusque hier soir comme un grand stratège, sera-t-il renversé ou restera-il en place jusqu’au terme de son mandat en novembre 2015? L’armée, qui semble faire cause commune avec le peuple, vient en tout cas d’annoncer la dissolution du parlement et l’installation d’un gouvernement de transition pour une période de 12 mois. Les partis politiques d’opposition qui ont parfaitement joué leurs rôles ces derniers mois exigeront-ils le départ du président affaibli lors des négociations annoncées ? La France qui vient de faire fuiter une lettre du président Hollande à son homologue Compaoré va-t-elle lâcher son allié ? La situation reste pour le moment très confuse.

Ce qui est évident par contre, c’est que le jeudi 30 octobre 2014 est d’ores et déjà un grand jour pour le Burkina Faso et pour l’émergence de cette nouvelle Afrique mentionnée ci-haut. Le peuple du “pays des hommes intègres”, en marchant sur le parlement et la présidence quelques heures avant la modification de  la constitution, s’est élevé contre toute volonté de confiscation du pouvoir par un homme encouragé dans cette démarche par ses supporters. Le peuple a ainsi montré sa soif pour l’émergence d’institutions fortes, sa volonté de faire respecter la loi fondamentale en vigueur et son désir de démocratie. C’est une leçon, un exemple pour les autres peuples du continent. Je tiens d’ailleurs ici à saluer le courage de ces milliers de burkinabè qui sont descendus dans les rues du pays pour faire entendre leur envie de changement, mais aussi m’incliner devant la mémoire de ceux qui ont perdu la vie lors de cette journée historique.

Les enseignements du 30 octobre 2014

Il est beaucoup trop tôt pour tirer des enseignements à long-terme sur les événements actuels, d’autant plus que leur ampleur a pris de cours presque tout le monde. Cependant, nous pouvons lire et interpréter certains messages envoyés à différents groupes par le peuple burkinabè qui a été sous-estimé par une partie de ses dirigeants.

D’abord à l’endroit des peuples d’Afrique, les burkinabè enseignent qu’il ne faut reculer devant aucune forme d’intimidation et s’élever, jusqu’au sacrifice suprême, contre toute tentative de confiscation du pouvoir par quelques-uns. Le courage est donc ici le maître-mot.

Ensuite à l’endroit des dirigeants africains qui ne se sont pas encore inscrits dans cette logique, le peuple du Burkina Faso demandent de respecter les constitutions en vigueur et les règles qui en découlent afin de favoriser la stabilité politique. Contrairement au discours de certains, ce ne sont pas des hommes providentiels forts qui empêchent des crises politiques aux conséquences incalculables mais le respect des règles démocratiques établies consensuellement.

Enfin à l’endroit des partenaires de l’Afrique, les burkinabè descendus dans les rues aujourd’hui réclament de la cohérence. On ne peut pas exiger de certains dirigeants qu’ils quittent le pouvoir à la fin de leur dernier mandat, tout en s’accommodant de la volonté de certains autres à s’y maintenir.  Pour ce qui est du Burkina Faso, plusieurs personnes seront tentées de mettre en avant les considérations sécuritaires au niveau régional pour justifier ce deux poids deux mesures. A ceux-là, je ne poserai qu’une question : Pensez-vous que l’Afrique de l’ouest sombrera parce que le Président Blaise Compaoré n’occupe plus le palais de Kosyam ? Remplaçons les hommes forts par des institutions et mécanismes forts qui garantiront la stabilité du continent.

Les trois messages que nous envoient les hommes intègres  ce jeudi 30 octobre 2014 sont donc courage, respect et cohérence.